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Le 18 octobre 2012 (SHRFI), Pourrières (Var). Par Sébastien Hreblay. Extrait de reportage.

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Organisée notamment par le Pôle Risques, le Pôle Pégase et le Centre d’essais et d'études pour modèles autonomes (Cema), une journée intitulée « Drones et Sécurité civile » a lieu, ce 18 octobre, à Pourrières (Var).

Une manifestation de cette ampleur est véritablement une première en France, réunissant une douzaine de sociétés françaises qui développent des systèmes de drones, lesquelles exposent leurs savoir-faire à près de 150 visiteurs dont des industriels et des développeurs, des scientifiques, des autorités de règlementation et des représentants de quelques Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), du Bataillon de marins-pompiers de Marseille, des Formations militaire de la Sécurité civile, de l’Entente pour la forêt méditerranéenne et du centre national civilo-militaire de formation et d’entraînement NRBCE.

 

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Des expositions statiques des systèmes drones sont d’ailleurs complétées par quelques démonstrations réussies, malgré un vent fort, et très appréciées par l’assistance.

 

« L’objectif de la journée est de présenter des solutions existantes aux forces de Sécurité civile et leur apporter une évolution en drones et robots pour leurs missions », indique Richard Biagioni, directeur du Pôle Risques, pôle de compétitivité et pôle régional d'innovation et de développement économique solidaire œuvrant sur la thématique de la gestion des risques majeurs.

 

« Je pense qu’il y a aujourd’hui une attente des acteurs de la Sécurité civile mais ils ont des doutes dans la performance, l’utilisation, le coût…. », poursuit Joël Fritz, président du comité scientifique du pôle Pégase, pôle de compétitivité et pôle régional d'innovation et de développement économique solidaire, spécialisé dans l’industrie aéronautique et spatiale. « Nous sommes vraiment au début de l’utilisation civile des drones », insiste-t-il.

 

Et ce, même si le renseignement image se développe de plus en plus chez les acteurs français de la Défense et de la Sécurité civiles, à l’instar des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône, de Corse, des Pyrénées-Orientales et du Lot qui utilisent, par exemple sur des missions feux de forêt, un système de caméras très performantes et embarquées dans un avion avec des retransmissions des données en direct au centre opérationnel et au poste de commandement ; à l’instar aussi de la mise en place de la vidéosurveillance et de la vidéo-détection des feux de forêt sur plusieurs départements du sud-est et du sud-ouest français ; à l’instar enfin des projets de certaines institutions de doter de micro-caméras leurs soldats du feu en action et quelques engins engagés pour une retransmission là encore en direct de l’évènement en cours et ce, au cœur de l’action.

 

Cette utilisation débutante de systèmes de drones dans le civil est notamment due au fait que les arrêtés la règlementant sont particulièrement récents puisqu’ ils « datent d’avril 2012, après deux ans de travaux collaboratifs entre la Direction générale de l’aviation civile (Dgac) et différents partenaires dont les industriels », spécifie Joël Fritz, résumant qu’il y a une segmentation des appareils en fonction de leur masse, de leurs usages… et soulignant qu’il s’agit d’une règlementation nationale très contraignante pour les drones de moins de 150 kg comme l’obligation d’une utilisation de jour, à moins de 150 mètres d’altitude, jamais sur une zone urbaine, à vue avec l’opérateur…

 

A ce jour, seule l’Unité d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile n°1, basée à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) s’est dotée d’un drone développé par la société Bertin Technologies et qui est un appareil à voilure tournante de 25 kg équipé d’un moteur à turbine marchant au kérosène avec une heure d’autonomie, utilisable pour des missions de reconnaissance et de renseignement de jour comme de nuit sur, par exemples, des inondations ou des séismes, avec un système de traitement de l’image pour l’amélioration de la vision et avec la possibilité de détection et de poursuite de cibles visuelles. Et pour Damien Diaz, responsable activité renseignement et surveillance de Bertin Technologies, « nous notons effectivement un intérêt croissant pour les drones en France et à l’international sur les secteurs de la Défense et de la Sécurité civiles ». 

 

Puis il y a aussi les sapeurs-pompiers landais qui ont développé sur la thématique des feux de forêt un drone avec la société Fly-n-Sense, un quadrirotor doté d’une caméra permettant une retransmission en direct d’une vidéo pour une aide au commandement.

 

Pour Richard Biagioni, « le drone est effectivement intéressant car utilisable sur toutes les missions de Sécurité civile comme les feux de forêt, le risque chimique, la recherche de personne, les feux d’entrepôt, les accidents routiers…, en apportant une vision aérienne dans sa globalité ». D’autant plus intéressant qu’au renseignement image peuvent être envisagés d’autres fonctions, en remplaçant par exemple les caméras traditionnelles et/ou thermiques par des capteurs pour des actions de détection et/ou de prélèvement de gaz en milieu hostile.

 

« Cette manifestation permet de voir ce qui existe en matière de drones, de pouvoir réfléchir, de se questionner sur leur intégration dans le concept opérationnel », estime quant à lui le colonel Emmanuel Clavaud, directeur du Sdis des Alpes-de-Haute-Provence. « Plus que les feux de forêt, j’imagine leurs utilités dans un environnement difficile, en complément d’autres moyens qui existent, lors d’une inondation, sur un carambolage et sur toute situation où la reconnaissance pédestre est impossible. Le drone peut être un œil du poste de commandement », anticipe le colonel.

 

Du côté du lieutenant Marc Monti, officier de la BSPP, « cette évolution du drone présente évidement un intérêt pour les interventions, notamment sur un feu urbain en région parisienne. Mais pour le moment, la règlementation ne permet pas une utilisation en zone urbaine et en aveugle », rappelle-t-il.

 

A la fin de cette journée « Drones et Sécurité civile », l’impression étaient que ces engins aériens, sans pilote à bord, capable d’effectuer un certains nombres de tâches de façon autonome et automatique, pouvaient être une valeur ajoutée quant à la bonne réalisation d’une opération de secours. Avec d’un côté des développeurs et des industriels martelant que les drones répondent à une attente du marché. Et d’une autre part, des acteurs de la Sécurité civile ne contestant pas une utilité certaine sur le principe. Mais avec à l’évidence un chemin encore très long pour un usage courant et normalisé des systèmes de drones chez les pompiers français.

 

Photo d’un drone de la société Infotron. Photo d’un stand lors de la journée Drones et Sécurité civile, à Pourrières (Var), ce 18 octobre 2012.

 

La reproduction de cet article est interdite. Les médias doivent s’adresser à l’agence SHRFI via son site Internet www.shrfi.com. 

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